Si bémol Mineur série — 16 Peintures par Arnaud Quercy
Si bémol Mineur est une série de 16 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées entre 2024 et 2025 — acrylique sur linen canvas, acrylique sur panneau de bois, acrylique sur papier, acrylique sur toile et aquarelle sur papier. Les formats vont de 10×15 cm à 73×92 cm. 6 œuvres sont conservées dans des collections privées (London, UK, Australia, Mexico City, Mexico, Saint-Macaire, France, Brazil). 9 restent disponibles à l’acquisition à Art Quam Anima, 28 rue du Dragon, Paris. Œuvres présentées lors de : Rencontres au Marché de la Création, Salon d'art contemporain – Metamorphose, Paris et Permanent Collection 2025 – Resonance in Form et 7 autres.
Si bémol mineur porte cinq bémols et des siècles de gravité. C’est la tonalité de la Marche Funèbre de Chopin, du mouvement lent du Deuxième Concerto pour piano de Rachmaninoff — une tonalité que l’harmonie occidentale associe depuis longtemps à la solennité, au poids et à l’obscurité intérieure. La triade est construite sur Sib, Réb et Fa : fondamentale, tierce mineure et quinte juste, trois tons qui siègent bas et rapprochés, les intervalles compacts, l’atmosphère indubitablement sombre.
Par la chromesthésie, ces trois tons se traduisent en une palette presque entièrement froide. Sib produit du violet — sombre et atténué dans les registres graves, grisonnant en montant à travers les octaves médianes. Réb, la tierce mineure, donne du bleu-vert : un bleu-vert saturé dans le médium, s’éclaircissant vers l’argent et le quasi-blanc en montant. Fa, la quinte, porte le rouge-violet, le seul ton qui introduit une faible chaleur. Ensemble, ils produisent une palette d’ombre et de profondeur froide, où l’obscurité n’est pas absence mais présence — violet sur violet, bleu-vert se faufilant entre les deux.
Seize études explorent ce territoire compressé et froid — l’une des plus grandes séries en tonalité mineure de la collection Explorations Synesthésiques. Le caractère dominant est calme et legato : la plupart des œuvres avancent à tempo Animé en piano ou mezzo-piano, avec quelques études plus lentes offrant un rythme plus contemplatif. La série se répartit entre mesure binaire et mesure ternaire, les valses tendant vers des contours ascendants tandis que les pièces à quatre temps favorisent la forme en vallée qui plonge dans le grave avant de remonter. La densité varie considérablement, de distillations à cinq notes à une phrase de onze notes couvrant six octaves. Les tons étrangers — orange du Ré, rouge-orangé du Sol, jaune-orangé du La — apparaissent fréquemment comme des intrusions chaudes dans un champ par ailleurs froid, leur présence une tension récurrente que la série ne résout jamais tout à fait.
La Variation 3 est le plus grand format de la série : acrylique sur toile de lin, 73 sur 92 centimètres. C’est aussi la plus éparse — cinq notes isolées, la triade à moitié énoncée avant que la phrase ne dérive vers le haut dans une chaleur étrangère que, comme l’écrit l’artiste, « l’accord n’a jamais demandée ». À l’extrême opposé, la Variation 12 concentre onze notes sur six octaves dans une valse ascendante, la triade complète déployée à travers presque chaque registre disponible — « l’énoncé le plus expansif de la série ». Entre ces pôles, la Variation 14 se distingue comme la seule œuvre marquée mezzo-forte, ses dix notes remplissant la toile d’un poids déclaratif que la tranquillité habituelle de la série ne permet pas.
Vues ensemble, les seize peintures forment un corridor de violet et de bleu-vert. Le quasi-noir ancre les registres graves dans la plupart des œuvres ; le gris-violet atténué occupe le terrain médian ; le bleu-vert apparaît comme accent ou champ selon la place que Réb occupe dans chaque phrase. Là où les tons étrangers entrent — et ils entrent souvent — le rouge-orangé et l’orange découpent des bandes chaudes à travers le froid environnant, de petits feux dans une architecture froide. Les rares moments de couleur saturée se détachent nettement : la Variation 11 révèle ce à quoi ressemble le violet de la fondamentale libéré de l’ombre, vif et plein dans le registre médian-aigu, tandis que la Variation 13 pousse la palette à son extrême le plus froid, la toile entière une étude en luminosité froide.
Quercy revient seize fois aux mêmes trois tons et trouve, dans cette discipline, une gamme d’expression surprenante. L’étude d’ouverture retient entièrement la quinte, déclarant la tonalité par la fondamentale et la tierce seules ; l’étude finale la restaure, la triade enfin complète. Entre la première et la dernière, la série traverse des champs de violet monochrome, des intrusions chaudes rouge-orangé, des écarts de registre assez larges pour ressembler au silence, et des valses ascendantes qui remplissent chaque octave disponible. Ces œuvres ont trouvé leur chemin dans des collections de Londres à Mexico, de la France au Brésil — la gravité froide de Sib mineur voyageant plus loin que son registre compact ne le laisserait supposer.
Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.
Il crée et expose à Art Quam Anima, sa galerie-atelier au 28 rue du Dragon, Saint-Germain-des-Prés, Paris.
Œuvres — Si bémol Mineur
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