Si bémol Majeur série — 11 Peintures par Arnaud Quercy

Si bémol Majeur - Recherche sur l'Harmonie - Variation 2
Si bémol Majeur - Réflexions 1
Si bémol Majeur - Recherche sur l'Harmonie
Si bémol Majeur - Recherche sur l'Harmonie - Variation 4
Si bémol Majeur - Recherche sur l'Harmonie - Variations 8

Si bémol Majeur est une série de 11 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées entre 2023 et 2025 — acrylique sur linen canvas, acrylique sur panneau de bois, acrylique sur papier, acrylique sur toile et aquarelle sur papier. Les formats vont de 10×15 cm à 81×100 cm. 8 œuvres sont conservées dans des collections privées (Paris, France, London, UK, New York, USA, Sao Paulo, Brazil). 1 reste disponible à l’acquisition à Art Quam Anima, 28 rue du Dragon, Paris. Œuvres présentées lors de : Transcendence – World Premiere of Ephemera Arts, Rencontres au Marché de la Création et Salon d'art contemporain – Metamorphose, Paris et 8 autres.

Si bémol Majeur repose sur l’intervalle d’une tierce majeure au-dessus d’une fondamentale profonde — Sib, Ré, Fa — une triade dont la chaleur habite les registres médians tandis que sa fondation plonge dans l’obscurité. C’est la tonalité naturelle des clarinettes et des trompettes, celle dans laquelle Brahms a écrit son Second Concerto pour Piano et dans laquelle d’innombrables standards de jazz respirent. Deux bémols lui confèrent une gravité que les tonalités majeures plus brillantes n’ont pas, une résonance qui se loge au creux du corps avant de s’ouvrir vers le haut.

Par la chromesthésie, la triade de Sib Majeur se traduit en une palette déchirée entre le froid et le chaud. La fondamentale apparaît en violet — compressé vers le noir dans les registres les plus graves, riche et plein dans les octaves médianes. La tierce, Ré, porte l’orange : saturé et rayonnant au centre du clavier, s’amincissant en argent pâle au-delà de la sixième octave. La quinte, Fa, se lit en rouge-violet, une teinte médiatrice qui relie la fraîcheur de la fondamentale et la chaleur de la tierce. Ensemble, les trois tons produisent une palette crépusculaire — obscurité violette en bas, chaleur orangée au centre, rouge-violet tissant entre les deux.

Onze études pour piano explorent cet accord sur près de six octaves, de Sib1 à Ré7. La série privilégie le phrasé legato tout au long, se partageant presque également entre valses lentes en mesure ternaire et phrases animées à quatre temps. Les dynamiques restent contenues — mp est la nuance dominante, seule l’étude d’ouverture Recherche sur l’Harmonie montant au mf, et une variation descendant au piano. Descentes et cloches inversées dominent le contour, les phrases plongeant à répétition dans le sub-grave avant de remonter à travers les registres. La quinte est traitée avec parcimonie : plusieurs études omettent entièrement le Fa, bâtissant l’accord sur fondamentale et tierce seules, tandis que d’autres ne lui accordent qu’une seule apparition. Ce n’est que dans les variations finales que la triade complète émerge sur plusieurs octaves. La série se lit comme un dévoilement progressif — l’accord se révélant un ton à la fois.

La Variation 2 est le plus grand format de la série — acrylique sur toile de lin, 81 sur 100 centimètres — et pourtant elle ne contient que trois notes, le geste le plus compact de la collection. « Un accord réduit à son geste le plus nu », écrit l’artiste : fondamentale une fois, tierce deux fois, la quinte entièrement absente, joué à la dynamique la plus douce de la série. À l’extrême opposé, la Variation 5 admet trois accents hors accord — des intrusions bleues, bleu-vert et jaunes qui tirent l’harmonie de côté, « le seul moment de véritable ambiguïté de la série ». Entre ces pôles, la Variation 9 clôt la collection avec une vraie arche, le seul contour montant-et-retombant parmi les études tardives, les trois tons de l’accord enfin équilibrés sur six octaves.

À travers la collection, le violet ancre chaque toile qui atteint les registres graves — quasi-noir au Sib1, sombre et pesant au Sib2, se réchauffant à mesure que la fondamentale monte. L’orange domine l’espace médian et supérieur partout où la tierce apparaît, passant de la chaleur saturée au quasi-blanc dans les octaves les plus aiguës. Le rouge-violet entre sélectivement, marquant la présence de la quinte dans les registres bas-médians lorsqu’elle se manifeste. Le rythme visuel est celui de l’alternance : des sols violet sombre cédant la place à des centres orange chauds, avec des interruptions fraîches occasionnelles — un accent bleu-vert ici, un éclat jaune là — rappelant au spectateur que l’accord existe en tension avec le monde chromatique qui l’entoure.

Sib Majeur révèle son caractère par la retenue. Onze études, pour la plupart calmes, pour la plupart descendantes, réduisent la triade à son dialogue essentiel entre violet et orange et laissent la quinte arriver seulement lorsque l’harmonie a besoin d’être complétée. La série vit désormais dans des collections de Paris à Londres, de New York à Sao Paulo — une géographie aussi vaste que les six octaves que l’accord lui-même habite. Ce que la répétition enseigne ici, c’est que l’identité d’un accord n’est pas figée : elle se déplace avec le registre, la densité, la présence ou l’absence d’un seul ton. Sib Majeur n’est pas une couleur mais un spectre, sa palette crépusculaire différente à chaque fois que la triade résonne.

Arnaud Quercy
Arnaud Quercy

Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.

Œuvres — Si bémol Majeur

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Un lieu vivant où l'artiste crée en présence du visiteur. Fondé par Arnaud Quercy, artiste et chercheur en art crossmodal.

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