Ré Mineur série — 11 Peintures par Arnaud Quercy
Ré Mineur est une série de 11 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées entre 2024 et 2025 — acrylique sur linen canvas, acrylique sur panneau de bois, acrylique sur papier et aquarelle sur papier. Les formats vont de 10×15 cm à 80×80 cm. 8 œuvres sont conservées dans des collections privées (Paris, France, Brussels, Belgium, Carmel, USA, Saint-Michel-le-Cloucq, France, Australia, Minden, Germany). 3 restent disponibles à l’acquisition à Art Quam Anima, 28 rue du Dragon, Paris. Œuvres présentées lors de : Rencontres au Marché de la Création, Salon d'art contemporain – Metamorphose, Paris et Permanent Collection 2025 – Resonance in Form et 7 autres.
Ré mineur est la tonalité de la gravité. Construit à partir de Ré, Fa et La — fondamentale, tierce mineure, quinte — il forme une triade dont l’obscurité est structurelle, non ornementale. L’intervalle de Ré à Fa, une tierce mineure, est le plus petit pas harmonique qui fait basculer un accord de la lumière vers l’ombre. Mozart l’a choisi pour le Requiem ; Bach a ouvert la Toccata et Fugue dans ses profondeurs. Dans l’harmonie occidentale, Ré mineur est là où la solennité parle sans hausser la voix.
Par la chromesthésie, cette triade se traduit en une palette de chaleur contenue. Ré produit un orange — saturé et chaud dans les registres médians, s’assombrissant vers le quasi-noir dans le grave. Fa, la tierce mineure, donne du rouge-violet, la couleur qui distingue cette série du vert plus lumineux de Ré majeur. La, la quinte, se traduit en jaune-orangé, offrant un contraste lumineux dans l’aigu. Dans les registres graves, ces teintes s’approfondissent presque jusqu’à l’obscurité ; dans l’aigu, elles pâlissent vers l’argent et le jaune clair. La palette respire entre ces extrêmes — chaude mais jamais brûlante, sombre mais jamais opaque.
Onze études pour piano composent la série Ré Mineur, toutes jouées dans un tempo lent avec des nuances allant du piano au mezzo piano. Les études se partagent entre mesure à quatre temps et mesure de valse, conférant à la collection une pulsation qui alterne entre ampleur méditative et balancement délicat. Les arches en cloche prédominent — des phrases qui montent d’une fondation grave vers un sommet lumineux, puis se replient — accompagnées de plusieurs descentes pures. La densité varie de trois à huit notes, et le registre s’étend de Ré0, le Ré le plus bas du clavier, à Fa7 dans l’extrême aigu. Plusieurs études omettent entièrement la tierce mineure, présentant l’accord comme fondamentale et quinte seules ; d’autres retiennent le Fa jusqu’au sommet même de la phrase. Le toucher legato est constant, chaque note reliée à la suivante dans une ligne ininterrompue.
La Variation 1 occupe le plus grand format de la série — acrylique sur toile de lin, quatre-vingts par quatre-vingts centimètres. Ses cinq notes restent ramassées dans la moitié supérieure du clavier, de Ré4 à Fa6, produisant une palette de demi-teintes presque pures. « L’arche dans cette étendue supérieure comprimée a une intimité différente que les cloches larges », écrit Quercy — pas d’obscurité en dessous, pas d’extrême luminosité au-dessus. À l’opposé, la Variation 3 distille l’accord à son minimum : trois notes, Ré-La-Ré, tombant sur deux octaves en mesure de valse. C’est Ré mineur tenu « dans le cadre le plus petit possible ». La Variation 7, la plus dense, énonce l’accord sur huit notes et cinq registres — le compte rendu le plus complet que la série offre, rendu à luminosité maximale avec seulement deux pour cent d’ombre.
À travers les onze œuvres, le spectateur rencontre une palette qui se déplace entre le quasi-noir profond et l’argent lumineux. L’étude d’ouverture, ancrée par Ré0 dans le sub-grave, porte une obscurité considérable — la peinture lestée par des registres qui se situent en dessous du seuil de la perception musicale ordinaire. Au fil de la série, les études explorent de plus en plus les registres aigus, et avec ce déplacement, les peintures gagnent en luminosité. L’orange revient comme présence dominante — la couleur de la fondamentale s’accumulant à travers tous les registres — tandis que le rouge-violet apparaît avec parcimonie, souvent retenu jusqu’au sommet de la phrase. Le jaune-orangé fournit la chaleur à chaque crête. Les variations tardives, atteignant Fa7, introduisent du quasi-argent dans l’extrême aigu, la couleur de la tierce mineure presque entièrement dissoute par l’altitude.
La répétition révèle ce qu’un énoncé unique ne peut pas. À travers onze études, Ré mineur se dévoile non comme une humeur figée mais comme un spectre — de la gravité sub-grave de l’ouverture à la dissolution argentée des variations finales. L’accord qui a porté la prière de Mozart et la fugue de Bach devient ici une enquête soutenue sur la couleur dans des conditions lentes et silencieuses. Ces œuvres résident désormais dans des collections de Paris à Carmel, de la campagne allemande à l’Australie — une géographie aussi variée que les registres qu’habite l’accord. Ré mineur, suggère la série de Quercy, ne gèle pas ; il brûle lentement.
Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.
Il crée et expose à Art Quam Anima, sa galerie-atelier au 28 rue du Dragon, Saint-Germain-des-Prés, Paris.
Œuvres — Ré Mineur
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