Ré Majeur série — 16 Peintures par Arnaud Quercy
Ré Majeur est une série de 16 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées entre 2024 et 2025 — acrylique sur linen canvas, acrylique sur panneau de bois, acrylique sur papier et aquarelle sur papier. Les formats vont de 10×15 cm à 100×100 cm. 11 œuvres sont conservées dans des collections privées (Paris, France, Istanbul, Turkey, Lisboa, Portugal, Saint-Leu-la-Forêt, France). 5 restent disponibles à l’acquisition à Art Quam Anima, 28 rue du Dragon, Paris. Œuvres présentées lors de : Rencontres au Marché de la Création, Salon d'art contemporain – Metamorphose, Paris et Permanent Collection 2025 – Resonance in Form et 7 autres.
Ré Majeur est la tonalité de la cérémonie et du grand air — une triade construite sur Ré, Fa dièse et La, ses intervalles lumineux et stables, son histoire liée au violon et à la trompette. Beethoven l’a choisie pour son Concerto pour violon, Brahms pour le sien ; les deux compositeurs entendaient dans cette tonalité une qualité de chaleur spacieuse, l’harmonie chantant sans effort sur un large registre. Dans la pratique chromesthésique d’Arnaud Quercy, Ré Majeur porte cette même ampleur : un accord dont les tons se traduisent en une palette de couleurs de récolte ancrée par une seule note froide.
Par la chromesthésie, la fondamentale Ré apparaît comme un orange — profond et chaud, s’assombrissant vers le noir dans les octaves les plus graves et s’éclaircissant à mesure qu’il monte. La quinte, La, produit un jaune-orangé de température proche de la fondamentale, les deux tons formant un champ chaud qui domine la toile. Entre eux se trouve Fa dièse, la tierce majeure, dont la couleur chromesthésique est un vert-mer froid — l’accent déterminant de la série, un fil de vert feuillu tissé à travers une palette par ailleurs dorée. Dans le registre aigu, ces couleurs se dissolvent vers le quasi blanc ; dans les graves, elles se compriment en obscurité. La température est chaude mais non uniforme, le vert froid de la tierce agissant comme contrepoids chromatique.
Seize études pour piano explorent cet accord à travers des formats allant de petites œuvres sur papier à une toile de lin d’un mètre. La série privilégie les valses descendantes — des phrases qui s’ouvrent dans le registre aigu et tombent à trois temps vers les graves — bien que des arches à quatre temps apparaissent tout au long. Les tempi vont de Lent à une unique indication Animé ; les dynamiques restent dans le piano et le mezzo-piano, la série s’exprimant doucement en règle générale. La plupart des études contiennent six notes ; les plus denses en comptent huit. Des tons étrangers apparaissent dans sept des seize œuvres : Sol dièse apporte du bleu, La dièse du violet, Ré dièse un bleu-violet, et une étude introduit à la fois Fa naturel et Sol dièse en séquence. « L’étude ne peut confirmer si cet accord est majeur ou mineur », écrit Quercy à propos de la Variation 4, la seule œuvre qui omet entièrement la tierce — une toile d’orange pur sans sa signature vert-mer.
La Variation 4 est aussi la plus grande œuvre de la série : acrylique sur lin, cent centimètres de côté, ses six notes traçant fondamentale et quinte seules sur cinq octaves. À l’extrême opposé, la Variation 12 est la seule étude qui ne redescend pas — une aquarelle sur papier jouée Animé à 88, ses cinq notes montant de Ré1 à Fa dièse 6 et y restant, « une phrase rassemblée qui ne se résout jamais ». Entre ces pôles, la Variation 6 s’ouvre à Ré0, le seuil de la sous-basse où la hauteur devient vibration, sa fondamentale quasi inaudible ancrant une toile qui s’élève à travers sept notes jusqu’à un accent bleu de Sol dièse près du sommet.
À travers la collection, la palette se lit comme un automne vu de différentes distances. Les zones graves sont sombres — orange comprimé vers le noir partout où Ré1 ou Ré0 apparaît — tandis que les registres aigus s’ouvrent en jaune-orangé chaud et vert-mer pâle. Les accents froids arrivent comme tons étrangers : bleu au Sol dièse, violet au La dièse, bleu-violet au Ré dièse, chacun un léger changement de température contre la chaleur dominante. La répétition des trois mêmes tons de l’accord sous différents registres produit un rythme visuel de couleurs familières dans des proportions inhabituelles — le vert-mer du Fa dièse tantôt dominant, tantôt absent, tantôt dissous en quasi blanc à l’octave la plus haute du clavier.
Ce qui émerge de seize études sur une seule triade majeure est la profondeur cachée dans l’apparente simplicité. Ré Majeur est l’une des harmonies les plus stables de la musique occidentale, pourtant l’approche systématique de Quercy révèle combien son caractère se transforme quand la tierce disparaît, quand le registre descend sous le seuil d’audibilité, quand une phrase ascendante refuse de revenir. Ces œuvres appartiennent désormais à des collections de Paris à Istanbul en passant par Lisbonne — l’accord voyageant comme les peintures voyagent, sa chaleur lisible dans chaque nouveau contexte. Ré Majeur, la tonalité à laquelle Beethoven a confié son concerto le plus lyrique, se montre tout aussi généreuse sous la traduction chromesthésique : une harmonie assez ample pour soutenir seize investigations distinctes et garder encore de l’espace.
Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.
Il crée et expose à Art Quam Anima, sa galerie-atelier au 28 rue du Dragon, Saint-Germain-des-Prés, Paris.
Œuvres — Ré Majeur
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