Mi Majeur série — 12 Peintures par Arnaud Quercy

Mi Majeur - Recherche sur l'Harmonie - Variation 2
Mi Majeur - Recherche sur l'Harmonie - Variation 4
Mi Majeur - Recherche sur l'Harmonie - Variation 3
Mi Majeur - Recherche sur l'Harmonie
Mi Majeur - Recherche sur l'Harmonie - Variations 10

Mi Majeur est une série de 12 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées entre 2024 et 2025 — acrylique sur panneau de bois, acrylique sur papier et aquarelle sur papier. Les formats vont de 10×15 cm à 30×42 cm. 6 œuvres sont conservées dans des collections privées (Geneva, USA, Arcueil, France, Brussels, Belgium, Sao Paulo, Brazil). 5 restent disponibles à l’acquisition à Art Quam Anima, 28 rue du Dragon, Paris. Œuvres présentées lors de : Rencontres au Marché de la Création, Salon d'art contemporain – Metamorphose, Paris et Permanent Collection 2025 – Resonance in Form et 7 autres.

Mi Majeur est la tonalite naturelle de la guitare — quatre dieses, la forme des cordes a vide. Dans l'harmonie occidentale, elle occupe un espace lumineux et affirme : la tonalite du « Printemps » de Vivaldi, de l'Etude Op. 10 No. 3 de Chopin, d'innombrables hymnes qui ont besoin de sonner a la fois clairs et ancres. Construite sur Mi, Sol diese et Si, la triade equilibre la stabilite avec une lege etrangete — l'attraction enharmonique du Sol diese vers le La bemol conferant a la tierce une ambiguite que la theorie pure ne signale pas.

Par la chromesthesie, Quercy percoit la fondamentale Mi comme jaune, la tierce Sol diese comme bleu — plus proche de son jumeau enharmonique La bemol sur la roue chromatique — et la quinte Si comme jaune-vert. La palette qui en resulte est partagee entre chaud et froid : un socle ensoleille perturbe par un centre bleu la ou l'on attendrait de la chaleur. Le registre approfondit l'effet. Dans le grave, Mi1 descend vers le quasi-noir ; dans l'extreme aigu, Sol diese a la septieme octave s'estompe en un bleu-vert pale, presque invisible. Entre ces poles, les trois familles chromatiques de l'accord — jaune, bleu, jaune-vert — traversent tous les degres de saturation et de lumiere.

Douze etudes pour piano interrogent ce paradoxe d'une tonalite ensoleillee au coeur bleu. Le caractere dominant est anime — dix des douze sont marquees Anime a 88 pulsations par minute, les phrases portees par une energie constante. Les deux restantes offrent les points de repos de la serie : la Variation 5 recule vers Modere, et la Variation 8 ralentit a Lent, 60 pulsations meditatives par minute. Les dynamiques restent predominamment douces a moderees, allant de piano a mezzo-piano jusqu'a un unique mezzo-forte dans la Variation 9 — l'etude la plus forte de l'ensemble. La mesure se divise presque egalement entre quatre temps et mesure de valse, et le contour dominant est la cloche inversee : des phrases qui plongent dans le grave avant de monter vers les registres aigus. Presque toutes sont legato, avec une exception notable. Plusieurs etudes introduisent des tensions chromatiques — un Re orange ou un La diese violet surgissant aux cotes de la triade — tandis que d'autres restent pures, laissant les trois sons de l'accord parler seuls.

L'etude d'ouverture revendique l'etendue la plus large : Mi1 jusqu'au Sol diese de la septieme octave, presque tout le clavier, avec un accent orange et un accent violet etablissant que les tensions feront partie du dialogue. A l'extreme oppose, la Variation 8 distille l'accord en trois hauteurs seulement — Re4, Mi5, Sol diese a la sixieme octave — et constitue la seule veritable arche en cloche de la serie, la ligne montant puis se repliant sur elle-meme. « Une etude de lumiere, arrivant lentement », ecrit l'artiste a propos de cette etude la plus depourillee. La Variation 7 pousse dans l'autre direction, portant neuf notes et trois accents hors accord — violet, orange et rouge-orange — la palette chromatique la plus dense que la serie produise.

A travers les douze peintures, la palette tend fortement vers la luminosite. Les registres aigus dominent la plupart des compositions, tirant le poids visuel vers le haut dans des jaunes pales et des bleu-verts delicats. Quand l'obscurite apparait, elle ancre le grave — le quasi-noir de Mi1, l'orange sombre de Mi2 — stabilisant l'image avant que la ligne ne monte. Les accents chromatiques — orange et violet — arrivent le plus souvent dans les registres grave et median, rechauffant les creux que les sons de l'accord illuminent au-dessus. Les etudes en mesure de valse portent un rythme visuel plus leger que leurs homologues a quatre temps, et la seule etude en articulation normale, la Variation 11, tient une surface subtilement differente : les couleurs se touchant a leurs bords plutot que se fondant, chaque hauteur plus discrete sur le papier.

Mi Majeur revele son caractere par la repetition. Douze passages sur les memes trois sons, et ce qui emerge n'est pas la redondance mais une cartographie des tensions interieures de l'accord — la tierce bleue qui contredit la fondamentale ensoleillee, l'aigu pale qui se dissout dans le quasi-silence, les visiteurs chromatiques qui testent les frontieres de l'harmonie. Des oeuvres de cette serie ont trouve leur place dans des collections de Geneve a Sao Paulo, le paradoxe d'une tonalite claire au centre frais voyageant plus loin que l'atelier ou ces traductions ont commence.

Arnaud Quercy
Arnaud Quercy

Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.

Œuvres — Mi Majeur

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Un lieu vivant où l'artiste crée en présence du visiteur. Fondé par Arnaud Quercy, artiste et chercheur en art crossmodal.

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