Fa Mineur série — 22 Peintures par Arnaud Quercy
Fa Mineur est une série de 22 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées entre 2024 et 2025 — acrylique sur linen canvas, acrylique sur panneau de bois, acrylique sur papier, acrylique sur toile et aquarelle sur papier. Les formats vont de 10×15 cm à 60×73 cm. 9 œuvres sont conservées dans des collections privées (Canada, Paris, France, FRANCE, USA, Le Havre, France, Bogota, Colombia, Tokyo, Japan). 11 restent disponibles à l’acquisition à Art Quam Anima, 28 rue du Dragon, Paris. Œuvres présentées lors de : Rencontres au Marché de la Création, Salon d'art contemporain – Metamorphose, Paris et Permanent Collection 2025 – Resonance in Form et 7 autres.
Fa mineur est une tonalité de tension soutenue. Ses trois sons — Fa, Lab, Do — se traduisent en rouge-violet, bleu et rouge : une palette d'une froideur inhabituelle pour une triade mineure, la tierce bémol ne portant rien de l'orange chaud ou de l'ocre que l'on trouve dans d'autres accords mineurs. Chopin revenait régulièrement à cette tonalité pour ses écrits les plus tourmentés, et Brahms s'en emparait dans les moments de désir non résolu. Ce qui la distingue tonalement, c'est le Lab : une tierce mineure genuinement, persistamment froide.
En traduction chromesthésique, Fa mineur se lit comme un accord à deux températures. La fondamentale, Fa, se traduit en rouge-violet — assez chaud, mais avec un voile violet qui penche déjà vers le froid. La quinte, Do, se présente en rouge : ancrée, directe. Mais la tierce mineure, Lab, est sans ambiguïté bleu. Dans le registre grave, le rouge-violet quasi noir à la basse ; dans le registre aigu, le Lab se délave vers le blanc argenté, le bleu presque entièrement lavé. Entre ces extrêmes, le registre médian tient un champ stratifié : rouge-violet, bleu et rouge en proximité étroite, ni le chaud ni le froid ne l'emportant. Lorsque des accents chromatiques entrent — et ils le font, fréquemment — ils apportent une chaleur orange ou jaune-orangé qui interrompt la froideur caractéristique de l'accord de l'intérieur.
Arnaud Quercy explore Fa mineur à travers vingt-deux études, la plus grande série de la collection Synesthetic Explorations, peintes à l'acrylique sur papier dans le format standard 21×30 cm. La forme dominante est le creux : la phrase plonge bas avant de revenir vers le haut, majoritairement Animé, orientée en avant, le legato reliant les notes en une forme continue. Deux valses ascendantes fournissent l'autre texture rythmique de la série — l'une douce, l'autre le seul mf de la collection. Quelques cloches en arche Lent ralentissent le tempo et approfondissent la palette. Deux études Modéré — ni rapides ni lentes — siègent dans le registre le plus ombragé de toutes, comme si le tempo mesuré permettait à la froideur de l'accord de se déposer sans trouble. Le sub-grave Fa0 apparaît dans plusieurs œuvres, descendant sous le seuil de la hauteur définie ; Lab7 apparaît à l'aigu extrême, son bleu délavé vers le quasi-blanc. L'étendue à travers la série couvre toute cette distance — plus de sept octaves de terrain de Fa mineur. Le nombre de notes va de quatre à neuf, l'œuvre la plus dense remplissant la phrase du sol au plafond.
Trois études marquent les extrêmes de la série. La Variation 3 est Fa mineur dans son état le plus expansif : huit notes, en forme de creux, Animé, s'étendant de Fa0 au sub-grave jusqu'à Lab7 quasi-blanc, avec un accent jaune Mi5 ponctuant l'ascension — ce que l'artiste décrit comme « une brève note chaude dans une phrase largement froide ». C'est la seule étude qui énonce l'étendue complète simultanément, l'accord de sa plus grande obscurité à son quasi-argent le plus léger en un seul geste. La Variation 15 est le pôle opposé : l'œuvre la plus sombre de la série, avec la plus petite étendue (Fa2 à Fa5) et seulement deux pour cent de clairs. Des accents orange et jaune-orangé apparaissent mais ne peuvent soulever la palette ; la phrase reste comprimée et ombrée, l'accord dans son état le plus intérieur. La Variation 18 présente la descente la plus élaborée de la série : neuf notes, Lent, de Lab6 descendant à travers des Lab, des Fa et des Do en séquence, avec un seul Ré4 orange comme chaleur chromatique au point médian — une longue chute froide et sans hâte qui examine l'accord dans un détail exhaustif.
Sur la toile, Fa mineur se lit comme un champ froid avec des intrusions chaudes. Le bleu du Lab occupe une grande partie du registre supérieur à travers la série — clair mais froid, se délavant vers l'argent à Lab7 sans perdre sa température essentielle. Le rouge-violet du Fa ancre la basse dans la quasi-obscurité, les deux fondamentales apparaissant souvent ensemble en octaves consécutives, leur rouge à inflexion violette s'approfondissant à mesure que le registre descend. Le rouge du Do apporte une note de chaleur au milieu — la quinte n'est pas froide — mais elle est flanquée des deux couleurs plus froides de l'accord de chaque côté. Ce qui revient visuellement, c'est la tension entre ces zones : bleu en haut, rouge-violet en bas, rouge entre les deux. Les accents chromatiques — Ré en orange, La en jaune-orangé, Mi en jaune — apparaissent comme des interjections chaudes distribuées à travers les registres médians et médians-aigus, de brefs moments d'une température différente dans la froideur dominante de l'accord. La série dans son ensemble ne résout pas cette tension ; elle l'habite, toile après toile.
Fa mineur est peut-être l'accord dans cette pratique qui résiste le plus à la résolution. Le même Lab bleu revient étude après étude — tantôt dense et ombragé, tantôt délavé en argent, tantôt flanqué d'invités chromatiques chauds — mais toujours froid, toujours l'élément le plus reconnaissable de l'accord. Les vingt-deux variations n'apprivoisent pas la tonalité ; elles la documentent sous de nombreux angles, dans de nombreux tempos, registres et densités, et l'accord reste lui-même tout au long. Plusieurs de ces œuvres ont rejoint des collections en France, au Japon et en Colombie — la palette froide voyageant loin, portant sa température particulière avec elle.
Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.
Il crée et expose à Art Quam Anima, sa galerie-atelier au 28 rue du Dragon, Saint-Germain-des-Prés, Paris.
Œuvres — Fa Mineur
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