2e arrondissement de Paris, au cœur de la nuit série — 6 Peintures par Arnaud Quercy
ART-SER0065
2e arrondissement de Paris, au cœur de la nuit est une série de 6 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées en 2026 — acrylique sur papier. Format : 18×13 cm. Les 6 œuvres de cette série sont conservées dans des collections privées (Paris, France).
La deuxième série des 72 Facettes de Paris, et la première à entrer dans la danse. Ces six facettes referment le prélude et ouvrent la valse proprement dite : ici, au plus profond de la nuit, entre deux heures vingt et quatre heures du matin, la musique trouve pour la première fois sa mesure à trois temps feutrée, la mesure s'installant sous une ville encore endormie. Elles couvrent le 2e arrondissement — le plus petit et le plus resserré de tous, un nœud de rues étroites, de façades closes et de vieux quartiers ramassés autour d'une seule basilique — saisi à l'heure où rien ne bouge et où le jour ne s'annonce pas encore.
Leurs harmonies se tiennent entre la gravité du prélude et la couleur de la ville qui s'éveille. Une facette s'attarde sur l'accord demi-diminué (A♭−7♭5), cette même tension suspendue qui régnait sur la série d'ouverture ; les cinq autres s'élèvent vers les neuvièmes de dominante (B♭−9, E♭−9), accords plus pleins et plus inquiets, déjà tournés vers le mouvement. Traduites par la méthode ideamorphique de l'artiste, c'est ici que la palette se réchauffe pour la première fois : les champs presque noirs du prélude cèdent au mauve et au bleu nuit, au magenta, au corail et à l'orange, rompus de petits carrés disciplinés de gris, de blanc et de noir pur — la couleur qui commence à se rassembler, tenue encore sous le couvercle de la nuit.
Les six lieux dessinent une boucle nocturne serrée au cœur de l'arrondissement. À deux heures vingt, la basilique Notre-Dame-des-Victoires, vue depuis la place des Petits-Pères, tient son A♭−7♭5 en un champ presque noir rompu d'un bloc corail, d'un carré gris et d'un disque pâle en demi-lune — une seule lueur d'ex-voto dans l'obscurité. Vingt minutes plus tard, un vieil immeuble de la rue de la Banque répond en E♭−9, mauve doux et bleu bordés de magenta et d'un éclat d'olive, fenêtres closes. À trois heures, la rue Montmartre s'embrase en B♭−9 — rouges vifs et orange sur du magenta et un carré de noir pur, la rue déserte encore tiède ; puis l'étroite rue Tiquetonne, à trois heures vingt, revient au E♭−9, magenta et lavande sous une lune gris-vert coupée et un losange violet. Vers quatre heures, la rue Dussoubs, en lisière du Sentier, sonne le B♭−9 en bleu nuit, orange, magenta et olive avec un petit carré blanc — le quartier du textile endormi — avant que la rue des Petits-Carreaux ne referme la série à quatre heures en E♭−9, turquoise et magenta sur olive et ombre, un carré blanc tenant le noir, juste avant l'éveil du marché.
Vues ensemble, les six composent un champ encore sombre mais qui ne suffoque plus — mauves, bleus nuit et rouges chauds se rassemblant là où le prélude ne tenait que du noir, la couleur de la ville qui commence à respirer avant l'aube. C'est l'instant où la valse tourne pour la première fois : l'harmonie se desserrant en mouvement, le plus petit arrondissement gardant son silence tandis que le cycle se prépare à monter, heure après heure, vers la lumière. Comme l'ensemble des soixante-douze, ces six facettes ont été commandées d'un seul tenant et appartiennent aujourd'hui à une unique collection parisienne.
Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.
Il crée et expose à Art Quam Anima, sa galerie-atelier au 28 rue du Dragon, Saint-Germain-des-Prés, Paris.
Œuvres — 2e arrondissement de Paris, au cœur de la nuit




