Mib Majeur série — 8 Peintures par Arnaud Quercy
Mib Majeur est une série de 8 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées entre 2024 et 2025 — acrylique sur panneau de bois et acrylique sur papier. Les formats vont de 10×15 cm à 30×42 cm. 5 œuvres sont conservées dans des collections privées (Paris, France, Washington DC, USA, Saint-Doulchard, France, Zurich, Switzerland). 3 restent disponibles à l’acquisition à Art Quam Anima, 28 rue du Dragon, Paris. Œuvres présentées lors de : Rencontres au Marché de la Création, Salon d'art contemporain – Metamorphose, Paris et Permanent Collection 2025 – Resonance in Form et 7 autres.
Mi bémol Majeur porte le poids de l'héroïsme dans la musique occidentale. Trois bémols façonnent une triade — Mib, Sol, Sib — que Beethoven choisit pour la Symphonie Héroïque comme pour le Concerto l'Empereur, la tonalité vers laquelle il se tournait quand le sujet était la grandeur. Sa structure intervallique est identique à tout accord majeur, mais la tradition lui a conféré une gravité particulière : cérémonielle, large d'épaules, faite pour la proclamation. En traduction chromesthésique, pourtant, Mib Majeur est quelque chose de plus silencieux que sa réputation.
La fondamentale, Mib, produit un bleu-violet qui refroidit la base de chaque phrase. La tierce, Sol, apporte la seule vraie chaleur de l'accord — un rouge-orangé qui rayonne dans le registre médian, pâlissant vers l'argent au-dessus de la sixième octave. La quinte, Sib, se lit comme un violet sourd, proche en température de la fondamentale, renforçant la froideur dominante. La palette globale penche vers le froid aux deux extrêmes et ne se réchauffe qu'au centre, là où la tierce s'affirme. Le Mib grave s'assombrit vers le quasi-noir ; le Sol aigu se dissout en argent et quasi-blanc. Entre ces pôles, le registre médian tient une tension entre le bleu-violet de la fondamentale et le rouge-orangé de la tierce — une dignité de contrastes plutôt qu'un embrasement de chaleur.
Arnaud Quercy explore cette tension à travers huit études, peintes en 2024 et 2025 à l'acrylique — sur papier et sur panneau de bois, dans des formats allant de 10 sur 15 centimètres à 30 sur 42. Le registre est remarquablement compact pour la majeure partie de la série, s'aventurant rarement au-delà de Mib2 à Sol7, plusieurs études restant dans une seule octave du milieu du clavier. Les tempos se répartissent entre Lent, Animé et Modéré — deux lents, trois marchés, deux à allure intermédiaire. Chaque phrase est legato, la dynamique tenue à mp ou mf, jamais plus fort. Les contours privilégient les creux et les descentes, les phrases s'enfonçant ou courbant vers le bas plus souvent qu'elles ne montent. Une seule variation trace un contour en cloche, et une seule grimpe sans se retourner. La plupart portent un accent jaune-orangé de la note La, un intrus chaud qui sert de médiateur entre la fondamentale froide et la quinte froide de l'accord. Une variation — la dernière — remplace cette chaleur par quelque chose d'inattendu.
La Variation 3, peinte sur panneau de bois à 30 sur 42 centimètres, est le plus grand format et la phrase la plus clairsemée : cinq notes, deux d'entre elles intruses, l'accord tenant à peine sa forme sous les accents. C'est aussi le seul contour en cloche, une arche qui monte avant de retomber — « la peinture la plus équilibrée de la série », ombre, ton moyen et clarté distribués en parts presque égales. À l'extrême opposé, la Variation 6 rassemble neuf notes et chaque membre de la triade plus deux accents chauds, produisant ce que l'artiste appelle « la palette la plus large, le plus de notes, le plus de lumière — Mib Majeur à son plus généreux ». Entre ces pôles, la Variation 7 clôt la série avec un accent bleu-vert au Réb4 — le seul intrus non chaud du cycle entier, une intrusion froide qui déplace la tension familière de l'accord et laisse la série sur un souffle irrésolu.
Sur la toile, Mib Majeur se lit comme un dialogue entre le violet et l'argent. Le bleu-violet de la fondamentale ancre la base de presque chaque peinture, s'assombrissant vers le quasi-noir dans le registre grave. La quinte renforce cette froideur à travers le milieu en violet sourd. Seule la tierce rompt la température — le rouge-orangé affleurant comme un éclat chaud partout où Sol apparaît dans la quatrième ou cinquième octave, puis pâlissant en argent en montant. Les accents chauds, quand ils sont présents, se lisent comme de petits points d'or ou de sable contre le champ froid dominant. Le rythme visuel à travers les huit études est celui de la compression : le même accord froid examiné dans un registre étroit, la tonalité héroïque maintenue délibérément intime.
C'est Mib Majeur entendu de près. Là où Beethoven remplissait des salles de concert, Quercy travaille à l'échelle d'une main, testant comment la grandeur sonne quand la dynamique reste à mezzo-piano et la toile mesure quinze centimètres. La réponse, en huit variations, est que la tonalité héroïque n'a pas besoin de volume — elle a besoin de la dignité tranquille du bleu-violet tenu contre le rouge-orangé, le même contraste répété jusqu'à devenir une conviction. Cinq de ces études ont déjà trouvé demeure dans des collections de Paris à Washington en passant par Zurich, la tonalité de l'Empereur voyageant léger.
Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.
Il crée et expose à Art Quam Anima, sa galerie-atelier au 28 rue du Dragon, Saint-Germain-des-Prés, Paris.
Œuvres — Mib Majeur
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