Do# mineur série — 5 Peintures par Arnaud Quercy
Do# mineur est une série de 5 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées entre 2023 et 2024 — acrylique sur papier et aquarelle sur papier. Les formats vont de 10×15 cm à 30×42 cm. Les 5 œuvres de cette série sont conservées dans des collections privées (St Charles, USA, Geneva, USA). Œuvres présentées lors de : Transcendence – World Premiere of Ephemera Arts, Rencontres au Marché de la Création et Salon d'art contemporain – Metamorphose, Paris.
Do dièse mineur se construit sur une fondamentale, une tierce mineure et une quinte juste — trois tons dont la structure d’intervalles place le demi-ton bas, entre fondamentale et tierce, conférant à l’accord sa gravité intérieure particulière. Beethoven choisit cette tonalité pour le premier mouvement de la Sonate au Clair de Lune, et Chopin y revint pour son Scherzo le plus tumultueux. C’est une tonalité qui médite dans le grave et, lorsqu’elle s’élève, s’élève vers quelque chose de lumineux.
Par la chromesthésie, Quercy perçoit le Do dièse comme bleu-vert — frais et océanique dans le registre médian, se comprimant vers le quasi-noir dans le grave. La tierce mineure, Mi, se traduit en jaune : chaud, lumineux, la seule couleur de la triade qui rompt le champ froid. La quinte, Sol dièse, apparaît en bleu, plus froid que la fondamentale mais distinct d’elle, une présence plus profonde. Ensemble, ces trois tons produisent une palette dominée par des teintes froides, le jaune entrant comme un rayon de lumière à travers une eau sombre — la chaleur de la tierce mineure d’autant plus vive qu’elle est entourée de bleu-vert et de bleu.
Cinq études pour piano explorent Do dièse mineur à travers un registre extrême, du grondement sub-grave du Do dièse dans la première octave au miroitement quasi-blanc de Mi7 à la limite supérieure du clavier. Les cinq sont marquées Animé et legato, jouées mezzo piano ou piano — douces, régulières, sans hâte. Deux montent en mesure de valse ; trois marchent à quatre temps en contours de cloche inversée qui plongent avant de s’élever. La densité varie de dix hauteurs dans l’étude la plus peuplée à cinq seulement dans la plus éparse. Deux études portent un ton étranger à l’accord — Ré naturel, qui se manifeste en orange, une brève chaleur chromatique à côté de la fondamentale. La quinte, Sol dièse, est présente dans quatre des cinq œuvres mais disparaît entièrement de la dernière, laissant l’accord réduit à la fondamentale et la tierce. À travers l’ensemble, le mouvement dominant est vertical : les phrases commencent dans l’obscurité et montent vers la clarté, la palette froide cédant progressivement au jaune de la tierce mineure à mesure que le registre s’élève.
L’œuvre phare, la Recherche sur l’Harmonie originale, est une aquarelle sur papier de 30 sur 42 centimètres — le plus grand format de la série et l’énoncé harmonique le plus complet, neuf notes couvrant six octaves avec les trois tons de l’accord présents. La Variation 1, une acrylique sur papier, est l’étude la plus dense avec dix hauteurs, sa cloche inversée concentrant la triade complète en espacement serré dans le registre médian où bleu-vert, jaune et bleu se tissent à leur plus grande concentration. À l’opposé, la Variation 4 réduit l’accord à sa tension la plus nue : « cinq notes seulement, et la tierce submerge tout » — quatre octaves de jaune montant du chaud au quasi-blanc tandis que la fondamentale murmure une seule fois dans le grave sombre, la quinte entièrement absente.
Vues ensemble, les cinq toiles décrivent un paysage de profondeur froide et de chaleur soudaine. Le bleu-vert domine les registres graves dans chaque œuvre, s’assombrissant vers l’ombre dans la basse, se saturant au milieu. Le jaune arrive plus tard et plus haut — parfois dès Mi3, parfois pas avant Mi6 — mais toujours ascendant, toujours s’éclaircissant en montant. Le bleu apparaît avec parcimonie, une seule présence d’ancrage dans le médium quand la quinte sonne. Les cloches inversées lestent leurs peintures vers l’obscurité, les valses ascendantes distribuent la couleur plus uniformément du bas vers le haut. Dans la Variation 2, « la plus sombre des cloches inversées », la phrase s’attarde si longtemps dans les registres graves que la clarté n’arrive que comme un seul éclat pâle à l’extrême sommet. Dans les cinq œuvres, le regard monte à travers l’ombre froide vers le jaune de la tierce mineure.
Do dièse mineur, par la répétition, se révèle comme une tonalité de contrastes maintenus en tension — l’océan froid de la fondamentale contre la lumière chaude de la tierce, l’obscurité en bas et la luminance en haut. Cinq variations suffisent à cartographier cette polarité de son expression la plus peuplée à la plus distillée. Les cinq œuvres ont trouvé leur place dans des collections à travers les États-Unis, la série complète désormais détenue en mains privées — une mesure de la manière dont l’équilibre singulier de mélancolie et de clarté de cette tonalité parle à ceux qui la rencontrent.
Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.
Il crée et expose à Art Quam Anima, sa galerie-atelier au 28 rue du Dragon, Saint-Germain-des-Prés, Paris.
Œuvres — Do# mineur
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