Do# Majeur série — 4 Peintures par Arnaud Quercy
Do# Majeur est une série de 4 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées en 2024 — acrylique sur papier et aquarelle sur papier. Les formats vont de 10×15 cm à 21×30 cm. Les 4 œuvres de cette série sont conservées dans des collections privées (Taiwan, France, New York, USA, Melbourne, Australia). Œuvres présentées lors de : Rencontres au Marché de la Création, Salon d'art contemporain – Metamorphose, Paris et Permanent Collection 2025 – Resonance in Form et 4 autres.
Do dièse Majeur est une tonalité qui existe en notation comme un extrême théorique — sept dièses, la limite la plus éloignée du côté des dièses avant que l’écriture enharmonique ne prenne le relais. En pratique, les musiciens pensent en Ré bémol Majeur, cinq bémols, une tonalité que Chopin affectionnait pour son lyrisme sombre dans le Prélude Op. 28 n° 15, dit « La Goutte d’eau ». La triade — Do dièse, Mi dièse, Sol dièse — porte une gravité froide et contenue, majeure de nom mais distante de caractère, comme si la luminosité avait été submergée.
Par la traduction chromesthésique, Do dièse produit un bleu-vert qui s’assombrit vers le noir dans le grave et atteint sa pleine saturation dans le registre médian. La tierce majeure, Fa (enharmoniquement Mi dièse), donne un rouge-violet — la seule présence chaude native de l’accord. La quinte, Sol dièse, se traduit en bleu profond, se teintant de bleu-violet là où elle vibre le plus intensément. Ensemble, ces trois tons produisent une palette aquatique : froide, lumineuse, sans trace de jaune ni d’orangé. Le registre approfondit l’effet — les entrées graves se compriment vers le quasi-noir, les entrées aiguës se décolorent vers le blanc, et la bande étroite de saturation se situe dans les octaves médianes.
La série Do dièse Majeur de Quercy comprend quatre études concentrées, toutes créées en 2024. Trois se déploient en mesure de valse à un tempo Animé avec une dynamique mezzo-piano ; seule la Variation 1 ralentit au Modéré et pousse au mezzo-forte, la plus délibérée et la plus pesante du groupe. Trois phrases montent ; une descend. Les contours vont d’une ascension régulière à une cloche inversée qui plonge avant de remonter. L’étude d’ouverture porte neuf notes — la plus dense de la série — tandis que les Variations 2 et 3 en comptent sept ou huit. L’articulation legato gouverne chaque entrée. Des tons étrangers à l’accord apparaissent dans la moitié de la série : le Si (la septième majeure) s’immisce dans la Variation 2, et Sol, Ré et Si apportent des accents chauds à la Variation 3, la plus chromatiquement aventureuse des quatre.
La Variation 1 est l’œuvre la plus grande, acrylique sur papier à 21 sur 30 centimètres, et la plus chaude en palette — « le rouge-violet commande le centre de la toile », la tierce majeure ayant l’espace de dominer le champ froid à travers une phrase descendante qui s’installe dans la richesse avant que sa dernière note s’échappe vers le haut. La Variation 2 est l’exception, la seule étude en mesure quaternaire, son contour en cloche inversée et sa septième majeure proéminente décentrant l’accord — « l’accord décentré par un ton qui n’y appartient pas ». La plus petite œuvre, à 10 sur 15 centimètres, elle est aussi la plus étrange. La Variation 3 clôt la série en aquarelle plutôt qu’en acrylique, échangeant entièrement la quinte contre trois intrusions chaudes non-accord, terminant la tonalité non par la pureté mais par la curiosité.
À travers les quatre toiles, le bleu-vert ancre chaque composition — sombre et presque invisible dans les registres les plus graves, vif et saturé dans le médium, pâlissant à mesure que les phrases montent. Le rouge-violet apparaît partout où la tierce entre, un fil chaud à travers l’étendue froide, le plus proéminent dans la Variation 1, le plus distant dans la Variation 2. Le bleu profond de la quinte n’apparaît que par intermittence ; dans deux des quatre études, il est absent ou réduit à une seule entrée. Les intrusions chaudes — rouge-orangé, orange, jaune-vert des tons étrangers — n’apparaissent que dans les variations tardives, comme si la série admettait progressivement des couleurs extérieures à sa propre harmonie. Le rythme visuel est celui d’une retenue froide ponctuée de rares chaleurs.
Quatre études suffisent à révéler ce qu’est Do dièse Majeur : une tonalité majeure qui refuse de se comporter comme telle. Là où Do Majeur rayonne et Sol Majeur avance à grands pas, Do dièse Majeur se retire — froid, autonome, presque nocturne. La série de Quercy prouve que la répétition sous contrainte ne rétrécit pas la palette mais l’approfondit, chaque variation découvrant une facette différente de la même harmonie distante. Les quatre œuvres ont trouvé place dans des collections allant de Taïwan à la France, de New York à Melbourne — une dispersion mondiale discrète, à l’image d’une tonalité qui garde sa chaleur cachée.
Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.
Il crée et expose à Art Quam Anima, sa galerie-atelier au 28 rue du Dragon, Saint-Germain-des-Prés, Paris.
Œuvres — Do# Majeur
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