Accords de Puissance série — 3 Peintures par Arnaud Quercy
Accords de Puissance est une série de 3 peintures d’Arnaud Quercy, réalisées en 2026 — acrylique sur papier. Les formats vont de 15×21 cm à 21×30 cm. 1 œuvre est conservée dans des collections privées (Switzerland). 2 restent disponibles à l’acquisition à Art Quam Anima, 28 rue du Dragon, Paris. Œuvres présentées lors de : Through the Aperture — Research on Harmony.
L’accord de puissance est l’intervalle le plus ancien de la musique occidentale et, à certains égards, le plus radical. Fondamentale et quinte seulement — aucune tierce, aucune qualité définissant le majeur ou le mineur. L’harmonie sur laquelle l’organum médiéval construisait ses voix parallèles, à laquelle Satie réduisait son écriture pianistique, que la guitare rock utilise depuis un siècle précisément parce qu’elle refuse de se résoudre en douceur ou en mélancolie. L’accord de puissance n’est ni brillant ni sombre, ni plein d’espoir ni résigné. Il est simplement — une quinte juste, ouverte, stable, et entièrement sans arrière-pensée.
En traduction chromesthésique, l’accord de puissance vit dans une bande étroite mais profonde de couleur chaude. Les fondamentales de Ré se lisent de l’orange au quasi-noir selon le registre ; la quinte La arrive en jaune-orangé s’éclaircissant vers la crème sableuse dans les octaves les plus hautes. Aucune couleur froide n’interfère — il n’y a pas de tierce pour compliquer la palette. Les deux hauteurs partagent une seule famille chaude : ambre dans les graves, orange à travers le registre médian, or pâle dans les hauteurs. L’ouverture de l’intervalle se traduit directement : ce sont des peintures sans tension chromatique, sans la couleur contrastante qu’une tierce introduirait. La température est égale, la teinte cohérente, la chaleur ininterrompue de l’obscurité à la lumière.
Arnaud Quercy explore l’accord de puissance à travers trois études, toutes peintes en 2026 à l’acrylique sur papier. Les formats sont intimistes — deux en 21×30 cm, une en 15×21 cm — qui conviennent à une harmonie qui n’a pas besoin d’un grand geste pour faire son point. Les trois sont jouées Lent, à mp, legato, le tempo méditatif et sans précipitation. Les contours se partagent entre arche et descente : l’étude d’ouverture trace une arche complète de six octaves à quatre temps, l’accord de puissance de La descend comme une valse lente à trois temps, et la variation de Ré descend méthodiquement à travers une colonne de registres graduels. Les nombres de notes vont de cinq à six. C’est la série la plus petite de la collection Synesthetic Explorations — trois études, chacune traitant le même intervalle ouvert sous un angle différent : comme paysage, comme lumière, comme dégradé.
Chacune des trois œuvres offre une perspective distincte. L’étude d’ouverture, D5 Power Chord — Research on Harmony (21×30 cm, acrylique sur papier), est la déclaration définitive : cinq notes couvrant six octaves, l’arche montant de Ré1 au seuil de l’audible jusqu’à La6 avant de se replier. « L’harmonie la plus simple de la collection — deux hauteurs, fondamentale et quinte, l’intervalle qui précède tous les accords » — l’étude établit ce dont cette série parle. Sa place dans une collection suisse en fait l’œuvre phare. L’A5 Power Chord inverse entièrement le propos : aucun ancrage dans les graves, l’accord flottant dans la moitié haute du clavier, une valse à trois temps descendant de l’argent à travers l’or. C’est l’œuvre la plus lumineuse de la série, l’accord de puissance sans gravité. La D5 Variation 1 (15×21 cm) est la plus méthodique — quatre octaves consécutives de la fondamentale avant que la quinte n’entre, la descente rendant l’accord comme une colonne de la même couleur à six profondeurs différentes, l’orange se comprimant régulièrement vers le silence.
Sur la toile, l’accord de puissance se lit comme un monochrome chaud. Il n’y a pas de couleur opposée, pas d’accent froid pour créer une tension visuelle — seulement une seule teinte parcourant toute sa gamme de valeur dictée par le registre, du quasi-noir dans les graves les plus profonds à la crème pâle au bord du registre aigu. La chaleur est égale et sans précipitation, cohérente dans les trois œuvres. Ce qui varie entre les études, ce n’est pas la couleur mais le registre : où dans le spectre lumière-obscurité la peinture choisit de vivre, quelle part de ce dégradé elle traverse, si elle s’ancre dans les graves ou en flotte libre. L’étude La5 est presque entièrement lumineuse, une peinture rare dans cette collection qui ne porte aucune obscurité. L’étude d’ouverture Ré5 équilibre toute l’étendue. La Variation reste surtout dans les tons terreux.
La série des accords de puissance pose une question que les autres séries de Synesthetic Explorations ne peuvent pas poser : à quoi ressemble l’harmonie avant qu’elle ait choisi une qualité ? Pas de chaleur majeure, pas d’ombre mineure — seulement la quinte ouverte, qui ne porte ni promesse ni regret. Quercy rend cette neutralité comme une chaleur chromatique pure, un intervalle qui dans la polyphonie médiévale servait de consonance stable vers laquelle tous les autres intervalles se résolvaient. Trois études suffisent. L’accord de puissance ne nécessite pas d’élaboration — seulement de la patience, du registre, et l’orange qui le traverse du sol au plafond.
Arnaud Quercy est un artiste parisien dont la pratique traverse la peinture, la musique et la sculpture. Son travail est ancré dans l'Idéamorphisme — le principe selon lequel une œuvre d'art ne porte pas de sens, mais le déclenche. Chaque pièce est conçue pour diffracter différemment à travers chaque personne qui la rencontre.
Il crée et expose à Art Quam Anima, sa galerie-atelier au 28 rue du Dragon, Saint-Germain-des-Prés, Paris.
Œuvres — Accords de Puissance
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